Niverolle alpine
Une espèce de Montifringilla Nom scientifique : Montifringilla nivalis Genre : Montifringilla
Niverolle alpine, Une espèce de Montifringilla
Nom botanique: Montifringilla nivalis
Genre: Montifringilla
Photo By Lip Kee , used under CC-BY-SA-2.0 /Cropped and compressed from original
La description
La Niverolle alpine est un petit passereau robuste mesurant de 16,5 à 19 centimètres de longueur, à la tête grise et au manteau brunâtre. Le front est blanc crème et l'œil présente un léger cercle orbital clair. La gorge est blanchâtre et le menton est noir mêlé de blanc. Les ailes présentent de grandes plages blanches (rémiges secondaires et tertiaires) et sont terminées par une zone noire (rémiges primaires sauf les huitièmes, neuvièmes et dixièmes, partiellement blanches). Les couvertures alaires sont blanches, sauf une partie des primaires, ce qui délimite une plage blanche entre elles et la zone noire des rémiges primaires. La queue est partagée en deux bandes blanches par une raie médiane noire. La poitrine et le ventre sont d'un blanc cassé. Le bec est noir à la belle saison et jaune-orangé en hiver. Les adultes muent à partir de la fin juillet et leur nouveau plumage est entièrement renouvelé dans le courant de l'automne. La bavette noire est alors souvent masquée en plumage hivernal frais. Le dimorphisme sexuel est faible, mais le mâle est plus contrasté que la femelle et ses couvertures primaires ont davantage de blanc. La femelle est davantage brun-roux à la tête, sur les côtés du cou, et sur le dos. Les jeunes ressemblent à la femelle mais la gorge est grise, la poitrine et les flancs sont teintés de roux. Leur bec est jaune orangé, avec la pointe sombre. Ils font une mue complète à l'automne. L'espèce mesure environ trente-trois centimètres d'envergure ; la queue mesure soixante-huit à soixante-seize millimètres, le bec treize à quatorze millimètres. Le poids moyen d'un individu est de trente-sept grammes en été, et de quarante-quatre grammes en hiver (trente à cinquante grammes). On ne peut confondre cet oiseau avec aucun autre vivant dans son aire de répartition : la confusion n'est possible qu'avec le Bruant des neiges (Plectrophenax nivalis). La répartition de ce dernier est cependant globalement plus nordique, et les oiseaux hivernant plus au sud ne gagnent pas les altitudes élevées auxquelles demeure la niverolle en toute saison.
Taille
18 cm
Couleurs
Marron
Noir
Gris
Blanc
Habitudes alimentaires
Les niverolles consacrent leur journée à la recherche de nourriture, essentiellement au sol où elles picorent les graines tombées. Exceptionnellement, elles visitent des plantes pour en cueillir les graines, surtout les chardons. Elles se nourrissent également de petits fruits et de jeunes pousses, et capturent divers invertébrés (sauterelles, coléoptères, papillons parfois pris au vol, chenilles, etc.). Mais elles fréquentent également les tas de fumier près des bergeries et des étables d'altitude, et en hiver, on peut les observer près des villages et même venir aux mangeoires disposées pour les oiseaux.
Habitat
La niverolle alpine est une espèce paléomontagnarde considérée comme relictuelle : elle aurait trouvé refuge en altitude lors de la dernière déglaciation. L'espèce vit à l'étage alpin, au-dessus de 2 000 mètres d'altitude, au-delà de la limite des arbres, dans les milieux d'alpage et de pelouse où l'on rencontre des éboulis et des zones rocheuses. Elle peut atteindre des altitudes importantes : un individu a été observé le 5 août 1983 à Saint-Christophe-en-Oisans au dôme de la Lauze, à 3 568 mètres. Les névés semblent recherchés, probablement parce que la collecte des graines et de menus insectes est plus facile sur un fond blanc, mais aussi parce que leur fonte printanière libère les graines qu'ils recouvraient. Elle présente une grande adaptation au climat rigoureux régnant à ces altitudes. Sa résistance au froid est exceptionnelle et l'espèce supporte les chutes de neige tardives, même en période de reproduction. Les œufs tolèrent une température d'incubation plus basse que chez les autres espèces, 30 contre 35 °C. L'espèce occupe dans le Paléarctique la même niche écologique que le Roselin à tête grise dans le Néarctique, et présente les mêmes adaptations à des conditions de milieu identiques. Par ailleurs, elle est, parmi tous les mammifères et oiseaux européens, l'espèce à la distribution la plus proche de celle de l'Oreillard montagnard (Plecotus macrobullaris).
Type de régime
Granivore
Informations générales
Comportement
L'espèce est surtout sédentaire et se déplace essentiellement dans son aire de reproduction, où elle vit en troupes de taille variable. Elle n'effectue pas de véritable migration altitudinale (recherche de conditions plus clémentes à basse altitude en hiver), mais peut parfois quitter les sommets en cas de brusque dégradation météorologique, sans quitter la montagne pour autant. On peut alors la voir près des villages de montagne à la recherche de zones déneigées où se nourrir. L'espèce passe ainsi l'essentiel de l'hiver en altitude, et en troupes importantes : une centaine d’individus sont observés le 31 octobre 1993 à 2 500 mètres en Haute-Maurienne et le même nombre à la même altitude le 13 novembre 1994 en Tarentaise. Elle exploite alors les ressources disponibles dans les stations de ski (restes alimentaires, déchets). Il est possible qu'il existe d'un massif à l'autre, une migration du nord vers le sud, mais l'oiseau reste rarissime en dehors des régions de montagne. Toutefois, une partie de la population de niverolles des Alpes centrales part en hiver à la recherche de conditions moins rudes dans les Alpes externes, le Vercors, le Massif central. L'est du Massif central constitue la limite occidentale de cette migration (observation de trente individus au mont Mézenc en janvier 1986). C'est seulement lors de ces transits d'un massif à l'autre que l'espèce est susceptible d'être contactée en plaine. Dans son milieu, l'espèce est très confiante à l'égard de l'Homme. Dans les stations de ski, il n'est pas rare d'observer des niverolles, picorant comme les moineaux sur les terrasses des restaurants. Sur les pelouses alpines, les teintes brunes et grises du plumage assurent un très bon camouflage et les oiseaux ne révèlent leur présence qu'à l'envol, avec leurs ailes blanches et noires. Les niverolles marchent, sautillent ou trottinent à la recherche de nourriture, et décollent toutes ensemble si elles sont dérangées, en poussant des cris. Comme pour beaucoup d'espèces de passereaux, la prise de bains de poussière a été observée.
Zone de Distribution
La forme nominale nivalis se trouve exclusivement en Europe (plusieurs sous-espèces, et espèces très voisines, formant peut-être une super-espèce, existent en Asie, de la Turquie à la Chine). Elle y fréquente les massifs des Alpes, des Pyrénées (les deux versants), la cordillère cantabrique, la Corse, les Apennins et les Balkans. En France, la majeure partie de l'effectif vit dans les Alpes où l'espèce fréquente les plus hauts massifs de la Haute-Savoie, jusqu'au mont Bégo dans les Alpes-Maritimes. Elle est beaucoup plus rare dans les Préalpes où elle se limite aux massifs les plus élevés présentant un ou plusieurs sommets culminant au moins à 2 300 mètres d'altitude (Cornettes de Bise, massif du Giffre, chaîne des Aravis). Elle est bien représentée dans les trois parcs nationaux (Écrins, Mercantour, et Vanoise). Malgré les recherches, la reproduction n'a pas été constatée dans le Vercors. Un second noyau de population se trouve dans les Pyrénées, et notamment dans le parc national. On la trouve dans les Pyrénées du pic d'Orhy (Pyrénées-Atlantiques) au port d'Aula (Ariège), mais c'est seulement dans les régions les plus élevées que sa présence est régulière (Balaïtous, Néouvielle, Aneto). Il est probable que l'espèce s'étende également jusqu'à la Cerdagne. Un troisième noyau a été découvert en 1980 au Monte Cinto en Corse.
Statut des espèces
Pas globalement menacé.
Photo By Lip Kee , used under CC-BY-SA-2.0 /Cropped and compressed from original
Scientific Classification
Phylum
Cordés Classe
Oiseaux Ordre
Passereaux Famille
Passéridés Genre
Montifringilla Species
Niverolle alpine